Thursday, November 15, 2007

La loi du marché ignore les slogans !!!

Aucun état ou système n’a réussi à déjouer la loi du marché. Un système politique qu’il soit de droite ou de gauche finit par céder au marché et ce n’est qu’en travaillant avec les paramètres du marché et en essayant de le dominer qu’on peut dire qu’on est puissant et développé, c’est la triste vérité. Bien sur, on peut débattre cela pendant des siècles, cela ne changera ni mes convictions, ni les chiffres, ni l’histoire. La Chine l’a compris, les russes et les indiens aussi. Parfois il vaut mieux subir une récession que détruire son pays. Les américains l’ont compris depuis 1929.

Pourquoi, cette longue introduction ? Parce que ce qui se passe en Tunisie en ce moment ne peut mener qu'a la catastrophe. Un système qui veut assurer une croissance de 6% a tout prix, qui établit des objectifs en chiffres sans se souciant de la démographie, des ressources et de ses propres capacités, ne peut conduire qu'a un échec, surtout dans un monde ou les matières premières dont en dépend sont régies par les lois du marche.

Donc si on veut contrôler le prix du pain et du lait quand on ne contrôle pas le prix des céréales qu’on importe pour produire ce pain et assurer aux vaches assez de bouffe pour produire du lait, on finit par compenser et quand le prix devient excessivement cher a cause de la loi offre/demande on finit par payer beaucoup plus que nos moyens le permettent. Même chose pour le pétrole, on importe des voitures populaires et des climatiseurs et l’état finit par payer une partie de l’essence et l’électricité qui sert a les faire fonctionner et quand le prix du pétrole qu’on ne contrôle pas augmente, c’est l’état qui paie.

Et quand l’état n’en peut plus, il emprunte tout ce qu’il peut tout en restant dans les normes pour paraître en contrôle. Après on commence à vendre ce qu’on a que ce soit par le biais de la privatisation ou en bradant des terrains ou en donnant des avantages fiscaux qui nous priveront de revenus dans les prochaines années. Et puis quand ça ne suffit pas et que ces prix qu’on ne contrôle pas s’envolent, on fait payer les citoyens un peu plus. Mais le problème, c’est que le Tunisien lambda, on peut tout lui faire subir. On peut le priver de ses droits de parler, de s’organiser, de s’exprimer.. Mais on ne touche pas au prix de son pain et de son lait (si on peut, mais pas d’une façon excessive). Donc l’état est maintenant devant un problème presque insolvable, et on le voit a travers le discours du président du 7/11 qui demande aux Tunisiens de consommer moins, après des années a le pousser a consommer et s’endetter. On le constate aussi à travers des éditoriaux des journaux de la place qui essaient de responsabiliser les gens.

Mais c’est trop tard. La situation est, croyez moi, catastrophique. Et le problème est que le pouvoir en place est dans une situation très délicate, vu qu’il veut maintenir ce pouvoir a tout prix et c’est pour ça qu’on voit tout ces gestes politiques désespérés a gauche et a droite, jetant la poudre aux yeux. On anticipe la catastrophe, on voit les islamistes partout, on veut les apprivoiser en utilisant des symboles ici et la, mais mon intuition me dit que si ce pouvoir a utilisé le progrès économique pour en arriver la et qu’il a pu si bien contrôler la situation, il ne pourra pas contrôler le marché mondial. 2008 sera une année très importante pour notre pays. Mais ce n’est pas une prophétie, c’est une évidence.

Comme on dit chez nous: Wi9fet Ezzan9a Lilhareb (On est devant une impasse)

2 comments:

Azwaw soumendil awragh أزواو سومنديل آوراغ said...

Le régime en Tunisie face à la logique libérale qu'il a choisi comme option depuis 1970, me fait penser à une anectode qui est tres édifiante:avant l'introduction de la dynamite dans les carrières du sud , des ouvriers extrayaient les roches à bras d'hommes avec des des barres à mines et des outils manuels. un jour on a introduit les explosifs, un de ces ouvriers, incrédules et ayant peur de perdre son travail a voulu démonter que le batonet de dynamite ne pouvait pas remplacer son bras et prit le batonnet et l'a empoigé tres fort et a allumé la mèche, bien sûr son bras partit en lambeaux. Nos gouvernant veulent aussi entraver la puissance de la locomotive "marché" avec des bout de bois et des politique de replâtrage, il est évident que face à la montée en puissance de la machine marché, ces politiques n'ont pas la moindre chance d'y faire face, ni d'ailleurs les pseudos "capitaines" d'industrie et autres hommes d'affaires fantoches qui ne saisissent du mot "Marché" que les privilèges qu'ils en tirent en se disant : aprés moi le déluge.

Anonymous said...

Je pense que le gouvernement tunisien a bien compris qu'on ne peut plus faire marche arrière... et qu'il est grand temps de libéraliser les échanges en diminuant les interventions de l'état. Mais tout celà n'est pas aussi simple que ce qu'on pourrait croire et il y a plusieurs problèmes majeurs :

1. Libéraliser le marché et ne plus subventionner certains de nos aliments principaux va avoir des impacts alarmants sur le budget du tunisien M. Tout le monde pour qui la vie est de plus en plus chère et pour qui le salaire stagne.

2. Nos entreprises et industries (importatrices de matières premières) sont longtemps passées par l'état pour s'approvisionner. Elles n'ont donc aucune formation en termes d'importation, de suivi des prix sur les marchés et les bourses, et n'ont recours à aucun procédé financier tel que les contrats à terme qui leur permet de se protéger des fluctuations des prix, des taux de change et autre. Il y a là un énorme chantier à faire.

3. Encourager et stimuler les exportations. Faire connaître les produits tunisiens sur la scène interationale. Aider les entreprises à élargir leur cerle de clients. Seuls les exportations pourront nous aider à réduire notre dette.

Les prix sur les différents marchés vont continuer à augmenter tant que la Chine et l'Inde poursuivront leur développement économique et par conséquent accroîtront leur niveau de vie.